Bulletin de santé du végétal « Cultures Ornementales » : Bilan 2024
Une matrice de priorisation a été mise en place en 2023, celle-ci ajuste le champ d’action des BSV. Elle distingue les couples cultures/organismes nuisibles à forts enjeux de réduction des traitements phytosanitaires de ceux présentant d’autres objectifs (exportation, santé par exemple).
Le Conseil Régional d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale (CROPSAV) s’appuie sur la matrice de priorisation régionale et la liste nationale définie pour retenir les couples bioagresseurs/cultures qui font l’objet d’un suivi et de l’édition d’un BSV 2.0. La liste Écophyto est qualifiée de prioritaire dans le cadre du BSV 2.0 (Liste ci-dessous).
Liste Ecophyto

Les observations se portent donc essentiellement sur ces couples mais en cas de faits importants concernant d’autres végétaux, ravageurs ou maladies, il est possible que les bulletins traitent de ceux-ci.
En 2024, à chaque rédaction de bulletin, 45 pépinières en moyenne ont été visitées.
Pucerons
Dès le début des observations en avril les pucerons étaient déjà présents sous abris. Leur activité n’a fait que progresser de cette période jusqu’au mois de juillet. On retrouvait une multitude de foyers sous abris et en extérieur, souvent peu développés sur de nombreux végétaux. Les dégâts engendrés sont restés faibles à modérés sauf pour des cas isolés où ils étaient plus marqués. La pression a ensuite diminuée en août pour repartir à la hausse en septembre et octobre sans causer de dégâts importants.
Les principaux végétaux concernés sont: hortensia, azalée, choisya, camélia, rhododendron, viorne, citrus, vanillier de Cayenne, hibiscus, groseiller, ciste, rosier et acer, pieris, cerisier, pommier, chitalpa, poivrier, chêne vert, eriobotrya, citrus, nénuphar, merisier, groseillier, loropétalum, photinia, leucadendron, laurier tin, dattier, pittospore, laurier rose, absinthe, agapanthe, aralia, azalée mollis, noisetier, ribes, houblon, agrumes, seringat, dipladenia, sarcococca bambou, ceiba, polyspora, aéonium, poirier, coreopsis, punica, hellébore, lupin, fusain, chrysanthème, arbutus, lagertroemia, tibouchina, diosma, gardenia, fougères, jasmin, hémérocalles, sauge, orchidée, spirée, perovskia, orme, lagerstroemia.
Colonie de pucerons Verts sur Aeonium FREDON Bretagne
Otiorhynque
Ce ravageur a été noté d’avril à octobre sous abris et en extérieur. Quelques dégâts de larves sont relevés début avril sous abris. Les premiers adultes ont été localisés la première quinzaine d’avril (soit un mois plus tôt qu’en 2023) également sous abris. L’activité des adultes est restée faible jusqu’au mois de juin où l’on note une augmentation de la population sous abris et en extérieur pouvant créer des dégâts de défoliations importants sur certaines plantes. Par la suite la pression n’a fait que régresser mais certains cas isolés pouvaient présenter des niveaux de défoliations assez élevées.
Les végétaux concernés étaient : camélia, hortensia, azalée, viorne, photinia, fusain, chêne vert, lonicera, olivier, osmanthus, choisya, filaria, ligustrum, laurier du Portugal, laurier rose.
Dégâts d’otiorhynque sur feuilles de rhododendron
Un adulte d’otiorhynque (Photo : Jardiner autrement)
Cochenilles
La pression cochenilles a été faible sur la quasi-totalité de l’année surtout en extérieur. A certaines périodes, la fréquence d’observations a légèrement augmenté sous abris, fin juin et fin août pouvant, dans certains cas isolés, engendrer des dégâts plus ou moins importants. L’activité a augmenté significativement en octobre et novembre sous abris sur différents végétaux pouvant créer des dégâts bien marqués. Les cochenilles les plus présentes étaient les farineuses et à bouclier, mais nous avons également observé des cochenilles à carapace et australiennes.
A noter une attaque de Matsucossus feytaudi sur pin maritime (plants importés d’Italie), cochenille rarement observée en Bretagne.
Les végétaux concernés sont: Camélia, choisya, rhododendron, viorne, hortensia, pin maritime, phormium, aucuba, trachelospermum, citronnier, laurier rose, clématite, olivier, pittospore, hébé, hibiscus, photinia, astelia, gardenia, fusain, frangipanier, ficus, aralia, amorpha, aeonium, bambou, ilex, heimia, marcetella, skimmia, caféier, acacia, broussonetia, mandarinier.
Cochenille Australienne FREDON Bretagne
Acariens
L’activité de ces ravageurs a été faible d’avril à juin. Durant la deuxième quinzaine de juin la fréquence d’observations a augmenté progressivement sous serres et en extérieur, jusqu’en août où l’on pouvait noter des attaques plus sévères engendrant quelques décolorations de feuillage notamment sur choisya (végétal le plus concerné). Dans la plupart des cas, les foyers étaient peu développés. Par la suite, ces ravageurs sont restés présents essentiellement sous abris sous forme de petits foyers sans conséquences pour les plantes.
Les végétaux concernés sont: choisya, hortensia, azalée, pieris, ilex crénata, passiflore, solanum, fusain, grévilléa, céanothe, leycesteria, gardenia, fatsia, phormium, daphné, hibiscus, cornus, michelia, edgworthia, forthythia, viburnum, bananier, skimmia, leonotis, boronia, primevère, géranium, laurier rose, vigne.
Acariens Tétranyques tisserands Tétranychus urticae FREDON Bretagne
Larve de cécidomyie dévorant un acarien FREDON Bretagne
Thrips
La pression a été faible en début de campagne d’avril à juin avec seulement quelques cas de Thrips setosus sur hortensia entrainant rarement des premiers dégâts sous serres. En juillet, de rares cas sont notés sur hortensia, azalée, choisya, chrysanthème, leptospermum sous abris, seule la présence des insectes était notée. L’activité à légèrement augmenté en août et septembre sous abris n’engendrant que rarement de faible dégâts sur chrysanthème, choisya, viorne, azalée, hortensia, photinia, rhododendron, leptospermum, boronia, fusain, lonicera, hardenbergia, leonotis, euphorbe, myrthe, laurier tin, pensée, camélia, rosier.
Foyer de larves et adultes de thrips FREDON Bretagne
Tordeuse de l’oeillet
On retrouve ce lépidoptère à partir du mois d’avril sous abris à faible densité jusqu’à la deuxième quinzaine de mai ou l’on observe une pression plus marquée, qui durera jusqu’à mi juin, sous abris et en extérieur engendrant des défoliations localisées sur une multitude de végétaux. Par la suite l’activité de ce lépidoptère est restée faible jusqu’à fin octobre / début novembre ou l’on remarque un regain de pression sous abris et en extérieur sans conséquences irrémédiables pour les plantes.
Les végétaux concernés étaient: choisya, cerisier, griséline, pieris, fusain prunus, arbutus, camélia, feijoa, chrysanthème, photinia, poirier, pommier, viburnum, saule, lilas.
Réseau de piegeage
Un réseau de piégeage de la tordeuse de l’oeillet a été mis en place sur cinq communes (10 pièges), Plougastel-Daoulas (29), Plougoulm (29), Auray (56), Plumaugat et Tréméloir (22).
Les premiers papillons ont été piégés à partir de fin avril. Un premier vol a eu lieu de fin avril à mi juin. Le second vol a débuté mi juillet et ne s’est pas réellement terminé jusqu’à la fin des suivis. Le nombre de papillons capturé est faible, ceci peut s’expliquer par le temps que nous avons subi en 2024, non propice au développement de ce ravageur. La corrélation entre le premier vol et les attaques relevées sur le terrain a bien été établie compte tenu de la pression subie en juin sur les différents végétaux. Le deuxième vol, malgré un nombre de captures assez élevé et une durée relativement longue, n’a pas eu de conséquence importante pour les plantes.

Plaque engluée de piège delta remplie de papillons de tordeuse de l’oeillet, attirés par une phéromone FREDON Bretagne
Pyrale du buis
En 2024 comme en 2023, les chenilles hivernantes de pyrale ont repris leur activité début mars avec des foyers découverts à Etables sur Mer (22) et Josselin (56).
Les attaques ont été rapides et importantes jusqu’à la fin du mois de mai défoliant la totalité des buis non protégés.
Un réseau de piégeage a été mis en place sur 8 sites, Pleurtuit, Rennes, Plérin, Plougoulm, Plougastel Daoulas, Auray, Vannes et Josselin.
Les captures ont été beaucoup moins nombreuses qu’en 2023 malgré un site de piégeage supplémentaire. Le premier vol a débuté début juin et s’est terminé mi juillet. Le deuxième s’est étendu de début août à fin septembre.
Les chenilles de la première génération 2024 ont été observées durant la première quinzaine de juillet engendrant des défoliations importantes et restant activent jusqu’au mois d’août. Celles de la deuxième génération ont émergé fin août, début septembre et sont restées activent jusqu’à la fin septembre pour s’abriter dans leurs cocons d’hiver dès le début du mois d’octobre. Cette deuxième génération de chenilles n’a pas créé autant de dégâts que la première.
2024 aura été une année avec une pression pyrale moins importante que les années précédentes. Le temps humide que nous avons subi au printemps et en été n’a pas favorisé le développement de ce ravageur mais a favorisé le parasitisme notamment des champignons entomopathogènes. L’arrêt d’activité entre les deux générations aura été très court voir inexistant à certains endroits.
Hibernarium de chenille de pyrale du buis FREDON Bretagne
Tigre de pieris
Les premiers tigres du pieris ont été observés fin mai / début juin sur pieris sous abris dans une pépinière de l’Ille-et-Vilaine créant des décolorations de feuillage importantes. La fréquence d’observation a augmenté en juin mais dans la plupart des cas les foyers observés étaient peu développés. Par la suite, la pression ressentie a été faible jusqu’à début octobre où l’on note une activité croissante se traduisant par des dégâts pouvant être importants sur certains lots sous abris et en extérieur sur pieris, rhododendron azalée et azalée mollis. Après cet épisode, la pression a de nouveau baissé.
Adulte de tigre du pieris – Le lien Horticole
Charançon rouge du palmier
Ce parasite a été détecté en 2024 dans une pépinière de L’Ille-et-Vilaine engendrant des dégâts sur Phoenix canariensis.
La lutte contre Rhyncophorus ferrugineus est obligatoire de façon permanente sur le territoire métropolitain (arrêté national du 25 juin 2019). La présence ou toute suspicion du ravageur doit impérativement être signalée à la DRAAF/SRAL ou à la FREDON Bretagne.
Charançon rouge du palmier adulte – FREDON Bretagne
Oïdium
La présence de cette maladie a été relevée à partir du mois d’avril sur hortensia et rhododendron sous abris. La maladie est restée d’une intensité et fréquence faibles sous serres et en extérieur, jusqu’au mois de septembre où l’on note un nombre plus important de cas engendrant parfois des dégradations de feuillage. Cette période à durée environ un mois. Par la suite, la pression a fortement diminué.
Les végétaux concernés étaient: hortensia, azalée mollis, rhododendron, laurier du Portugal, rosier, fothergilla, goji, houblon, lagerstroemia, amélanchier, sauge, érable, spirée, prunelier, pommier, berberis, charme, penstémon, hébé, chêne vert, berberis.
Oïdium sur berberis – FREDON Bretagne
Pourriture brune
des racines et du collet
Cette maladie a été notée tout au long de la campagne d’observation d’avril à novembre. La pression est restée faible avec quelques cas observés sporadiquement principalement sous abris, plus rarement en extérieur engendrant parfois des dépérissements de plantes.
Les végétaux concernés sont: Choisya, rhododendron, viorne, daphné, azalée.
Dessèchement d’un plant de rhododendron suite à une attaque de Phytophtora cinnamomi – FREDON Bretagne
Phytophtora ramorum
Un cas de Phytophtora ramorum a été détecté en novembre dans une pépinière du Finistère entrainant la destruction des plants. Ce champignon est un organisme de quarantaine soumis à éradication en cas de détection.
Photo : Phytophtora ramorum sur rhododendron – FREDON Bretagne
Auxiliaires
L’activité des auxiliaires a été faible en début de saison et a augmenté courant mai pour arriver à une présence soutenue en juin, juillet, août et septembre. Les auxiliaires les plus observés étaient les syrphes et les coccinelles mais nous avons aussi pu noter des punaises anthocorides, des insectes parasités par des micro hyménotères et des champignons entomophtorales, des ichneumons, des chrysopes, des forficules et des larves de cécidomyies.
Oïdium sur berberis – FREDON Bretagne
Larve de syrphe sur foyer de pucerons – FREDON Bretagne
Larves de cécidomyie sur foyer d’aleurodes – FREDON Bretagne
Cochenille parasitée par un micro hyménoptère – FREDON Bretagne



















Lecture très utile, merci
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