Certaines Espèces Exotiques Envahissantes sont considérées comme préoccupantes pour l’Union européenne. Leur introduction, leur détention, leur culture, leur transport ou leur mise sur le marché sont strictement réglementés afin de protéger la biodiversité et les écosystèmes locaux.

Qu’est-ce qu’une Espèce Exotique Envahissante (EEE) ?

Une espèce exotique envahissante est une espèce qui a été introduite, de manière accidentelle ou volontaire, en dehors de son aire de répartition naturelle. Ces espèces peuvent se propager rapidement, souvent au détriment des espèces locales, en perturbant les écosystèmes et les habitats naturels. Cela peut avoir des effets négatifs sur la biodiversité, l’agriculture, la santé publique et l’économie.

Que dit la règlementation ?

Une règlementation Européenne et Nationale

L’Union européenne a adopté des mesures strictes pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes, en particulier à travers le règlement (UE) n° 1143/2014 qui impose des restrictions sur l’introduction, la culture, le transport et la vente de ces espèces. L’objectif est de protéger la biodiversité, les écosystèmes, la santé publique et l’économie.

En France, un arrêté du 14 février 2018 est venu compléter cette réglementation pour prévenir l’introduction et la propagation des espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain. Cet arrêté impose l’interdiction totale de l’introduction, de la culture, du transport, de la vente, de l’échange et de la mise en vente des espèces répertoriées

Quelles sont les espèces concernées en Bretagne ?

Parmi les espèces exotiques envahissantes les plus préoccupantes en Bretagne, on retrouve :

  • Le séneçon en arbre (Baccharis halimifolia) : Présente des risques pour la santé en aggravant les allergies, notamment le rhume des foins, et augmente le risque d’incendie en raison de sa résine inflammable. Elle provoque un changement profond des écosystèmes se manifestant par la disparition des communautés végétales et animales locales et par une modification des paysages.
  • L’ailante glanduleux (Ailanthus altissima) : Peut causer des irritations cutanées allergiques par contact avec sa sève. Il s’agit d’un arbre à croissance rapide qui envahit les milieux urbains. il menace la biodiversité en inhibant la germination des autres plantes et en formant des peuplements denses qui excluent les espèces autochtones.
  • L’herbe de la pampa (Cortaderia selloana) : L’herbe de la Pampa menace la biodiversité en remplaçant les espèces locales et en modifiant les paysages, tout en augmentant le risque d’incendie. Ses feuilles coupantes peuvent aussi provoquer des blessures et des inflammations.
  • La berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) : Très invasive, elle peut atteindre plus de 3 mètres de hauteur et est particulièrement problématique pour les écosystèmes des bords de routes et des rivières. Elle est capable de produire plus de 20 000 graines par plant de fin août à octobre. Elle présente un risque sanitaire grave, car sa sève contient des substances photosensibles qui, en contact avec la peau et exposée au soleil, peuvent provoquer des brûlures graves, allant jusqu’au troisième degré.
  • Les grandes renouées asiatiques – Renouée du Japon (Reynoutria japonica) – Renouée de Sakhaline (Reynoutria sachalinensis) – Renouée de Bohême (Reynoutria x bohemica) – Renouée à nombreux épis (Polygonum polystachyum) : Elles forment des couvertures denses qui réduisent la biodiversité, envahissent les bords des rivières et zones cultivées, et sont difficiles à contrôler. Elles produisent des substances toxiques qui excluent d’autres plantes et affectent la faune locale.

Les bonnes pratiques à adopter

Pour limiter l’impact des espèces exotiques envahissantes et éviter leur propagation, il est important de suivre quelques bonnes pratiques:

Ne pas introduire ces espèces dans votre jardin !

Privilégiez des plantes locales adaptées aux conditions environnementales et qui n’ont pas d’impact sur la biodiversité.

Si vous avez des plantes exotiques envahissantes, assurez-vous qu’elles ne se propagent pas (coupe des fleurs avant le début de la production de graines, non dispersion au moment de la coupe de la plante, mieux, arrachez-les !

Signalez

Certaines espèces font l’objet d’un plan de gestion. FREDON Bretagne est missionnée par l’Agence Régionale de Santé Bretagne (ARS Bretagne) pour lutter, entre autres, contre la berce du Caucase et l’ambroisie à feuilles d’armoise.

Si vous découvrez une de ces espèces dans votre jardin ou dans un espace naturel, signalez-la sur « Alerte Espèces ». Pour en savoir +

Sensibilisez

Partagez les bonnes pratiques avec votre entourage, voisins, amis, famille ! La prévention passe aussi par la sensibilisation collective.

La lutte contre les espèces exotiques envahissantes nécessite une prise de conscience collective, chaque geste compte !

Ensemble limitons l’impact des espèces invasives et préservons notre biodiversité locale.