Éco-pâturage et renouée du Japon : retour sur une expérimentation réussie à Saint-Gildas-de-Rhuys
À Saint-Gildas-de-Rhuys, sur le site du Govelin, une expérimentation d’éco-pâturage a été mise en place pour répondre à la présence de renouée du Japon, une plante invasive particulièrement problématique.
Situé à proximité immédiate de la dune du Govelin, reconnue pour son fort intérêt patrimonial et sa richesse en biodiversité, ce site présentait un risque important d’expansion du foyer. C’est dans ce contexte qu’une action de gestion écologique a été engagée.
🎬 Découvrez comment l’éco-pâturage permet de repenser la gestion de la renouée du Japon, en s’appuyant sur des solutions naturelles et concrètes.
Qu’est-ce que la renouée du Japon ?
La renouée du Japon est une plante invasive originaire d’Asie, introduite en Europe au XIXe siècle. Elle se caractérise par :
- une croissance très rapide
- une grande capacité de colonisation
- un système racinaire puissant (rhizomes)
Elle forme des peuplements denses qui empêchent le développement des autres espèces végétales, entraînant une baisse significative de la biodiversité. Sa propagation est particulièrement difficile à maîtriser, notamment parce qu’un simple fragment de rhizome peut suffire à recréer un nouveau plant.
Foyer de renouée du Japon ©FREDON Bretagne
Les méthodes de lutte traditionnelles
La gestion de la renouée du Japon repose généralement sur plusieurs techniques :
- Arrachage mécanique : efficace mais lourd à mettre en œuvre, avec un risque de dissémination si mal réalisé
- Fauchage répété : nécessite des interventions fréquentes et sur le long terme
- Bâchage : permet d’étouffer la plante mais demande du temps et une surveillance constante
- Produits phytosanitaires : parfois utilisés, mais de plus en plus encadrés voire interdits
Ces méthodes peuvent être contraignantes, coûteuses, et parfois impactantes pour l’environnement.
L’éco-pâturage : une alternative naturelle
Face à ces limites, l’éco-pâturage a été expérimenté sur le site du Govelin. Le principe est simple : utiliser des chèvres des fossés pour réguler naturellement la végétation.
Entre mars et octobre, une dizaine de chèvres pâturent régulièrement sur la parcelle. Très friandes de renouée du Japon, elles broutent la plante de manière répétée, ce qui permet d’affaiblir son développement, de limiter sa hauteur et de freiner sa propagation.
Cette méthode présente également un fonctionnement vertueux : aucun export de déchets végétaux, pas d’apport d’intrants, et une gestion directement sur site.
©FREDON Bretagne
Des résultats concrets
Après une décennie de mise en œuvre, les résultats sont significatifs :
- la renouée est toujours présente, mais elle ne se développe plus en hauteur
- sa progression est fortement ralentie
- un retour progressif de la biodiversité est observé
Il est important de souligner que cette méthode ne permet pas d’éradiquer totalement la plante. La renouée peut encore s’échapper ponctuellement des zones pâturées. Néanmoins, elle est aujourd’hui efficacement régulée.
Une démarche écologique et pédagogique
Au-delà de son efficacité, cette expérimentation présente de nombreux intérêts :
- Environnemental : aucune utilisation de produits chimiques
- Écologique : restauration progressive des milieux naturels
- Pédagogique : sensibilisation du public à des méthodes alternatives
Vers une gestion durable des espèces invasives
L’expérimentation menée à Saint-Gildas-de-Rhuys montre qu’il est possible de gérer une espèce invasive autrement, en s’appuyant sur des solutions fondées sur la nature.
Sans être une solution miracle, l’éco-pâturage constitue une approche efficace, durable et adaptée aux milieux sensibles. Il ouvre la voie à de nouvelles pratiques de gestion, plus respectueuses des équilibres écologiques.
Merci à Noémie TECHER, chargée de missions environnement et urbanisme réglementaire à la commune de Saint-Gildas-de-Rhuys (56) et Denis Rouillé, gérant de la Ferme Ecopâturage du Golfe à Sarzeau (56) pour leurs témoignages.
Vidéo réalisée par FREDON Bretagne, financée dans le cadre de la stratégie Ecophyto 2030
Action de la Stratégie Ecophyto 2030 : pilotés par les ministères chargés de l’Agriculture, de l’Environnement, de la Santé et de la Recherche, avec le soutien financier de l’Office français de la biodiversité








