Cynips du châtaignier : identification, impacts et moyens de lutte

Face à une recrudescence récente des signalements en Bretagne, le cynips du châtaignier (Dryocosmus kuriphilus) suscite une inquiétude croissante chez les producteurs, les gestionnaires d’espaces boisés et les particuliers. Ce minuscule insecte, originaire d’Asie, est aujourd’hui considéré comme l’un des ravageurs les plus redoutables pour les châtaigneraies en France. Introduit en Europe au début des années 2000, il s’est progressivement propagé sur l’ensemble du territoire, profitant notamment des échanges de plants et de sa capacité de dispersion naturelle.

Qu’est-ce que le cynips ?

Le cynips du châtaignier (Dryocosmus kuriphilus) est une micro-guêpe de quelques millimètres seulement, de couleur noire avec des pattes orangées. Discret et difficilement observable durant une grande partie de son cycle, l’adulte est principalement visible entre mi-juin et mi-août, période durant laquelle il vole et pond directement dans les bourgeons du châtaignier.

Après la ponte, les larves se développent, provoquant au printemps la formation de galles caractéristiques sur les jeunes pousses, les feuilles ou les bourgeons. Chaque galle peut abriter plusieurs larves, parfois plus d’une dizaine, qui s’y nourrissent avant de se transformer en nymphes, puis en adultes qui émergent à leur tour en début d’été.

Ces déformations perturbent fortement la croissance de l’arbre et peuvent entraîner des conséquences importantes : affaiblissement général, réduction significative de la production de châtaignes (pouvant atteindre 60 à 80 %), voire dépérissement des arbres en cas de fortes infestations.

 ©CTIFL

 ©FREDON Bretagne

Le cynips, une micro-guêpe qui pond dans les bourgeons de châtaignier entraînant la formation de galles dans lesquelles se développent ses larves

Quels sont les impacts du cynips sur le châtaigner ?

La formation des galles provoquée par le cynips bloque la croissance des rameaux et empêche le développement normal des feuilles, des fleurs et donc des fruits. Les premiers impacts sur la production apparaissent généralement lorsque plus de 30 % des bourgeons sont atteints (sur les pousses de l’année). Les pertes deviennent réellement significatives à partir de 60 %, et peuvent dépasser 80 % sur les arbres les plus fortement infestés.

Au-delà de la baisse de rendement, les galles favorisent également le développement d’un champignon, Gnomoniopsis castaneae, responsable de pourritures des châtaignes, ce qui dégrade encore davantage la qualité de la récolte.

Le cynips a aussi un impact indirect sur l’environnement : en réduisant le nombre de fleurs, il limite la production de miel de châtaignier, une ressource importante pour les pollinisateurs et les apiculteurs.

Lorsque l’infestation est importante, les arbres sont affaiblis : moins de feuilles signifie moins de photosynthèse, donc moins de réserves pour se développer et se défendre. Les galles, très consommatrices en nutriments, accentuent encore ce phénomène. Les châtaigniers deviennent alors plus vulnérables à d’autres menaces comme le chancre, la maladie de l’encre ou encore les épisodes de sécheresse.

Pour les particuliers, ces impacts se traduisent concrètement par des arbres moins vigoureux, une production de châtaignes fortement réduite, voire inexistante certaines années, et parfois une dégradation progressive de l’arbre dans le jardin ou le verger. Cela peut également entraîner une baisse de l’intérêt paysager et écologique du châtaignier, notamment pour la biodiversité locale.

 ©FREDON Bretagne

Comment lutter contre le cynips ?

La lutte contre le cynips du châtaignier est délicate, car l’insecte est protégé à l’intérieur des bourgeons puis des galles durant une grande partie de son cycle.

La solution la plus efficace repose aujourd’hui sur la lutte biologique, grâce à l’introduction d’un auxiliaire spécifique : Torymus sinensis. Déployé en France depuis plusieurs années, il permet de réguler progressivement les populations de cynips et d’observer une amélioration des châtaigneraies à moyen terme.

À l’échelle locale, quelques bonnes pratiques peuvent compléter cette approche :

  • surveiller régulièrement les arbres, notamment au printemps, pour repérer les galles
  • éviter de planter ou déplacer des jeunes châtaigniers issus de zones contaminées
  • Il est impératif de ne pas brûler ni retirer les galles vertes ou sèches présentes dans les vergers, car elles hébergent les larves du Torymus, essentielles à la régulation biologique du cynips. Leur élimination compromettrait l’efficacité naturelle du contrôle.

Pour les particuliers, la gestion repose surtout sur l’observation et la patience. Même si les arbres peuvent paraître fortement touchés certaines années, un équilibre naturel peut progressivement se réinstaller.

Présence actuelle du Torymus sinensis en Bretagne

Le Torymus est actif sur le département du Morbihan et sur le département d’Ille-et-Vilaine. Il est fort probable qu’il soit présent également dans le Finistère et Côtes d’Armor.

Il n’est plus possible d’acheter du Torymus  en France. Mais il existe une entreprise en Italie qui le commercialise.

Oasis SRL –  https://www.oasis-srl.it/controllo-biologico-con-il-torymus-sinensis/

Les prix pour 2025 étaient les suivants :  Jusqu’à 45 lâchers 130,00 € pour chaque lâcher, de 45 à 225 lancers 110 €/lâcher, au-delà de 225 lancers 95 €/lâcher.  Chaque lâcher comprend 150 femelles et 70 mâles. 

Torymus sinensis ©FredonOccitanie

Torymus sinensis

Torymus sinensis est une micro-guêpe parasitoïde, légèrement plus grande que le cynips et de couleur vert métallique à reflets sombres. Elle ne s’attaque pas directement aux adultes, mais pond ses œufs dans les galles au printemps (avril-mai).

Ses larves se développent ensuite à l’intérieur des galles en se nourrissant des larves de cynips. Une fois adultes, les Torymus émergent et peuvent se disperser sur de longues distances, entre 5 et 15 km, ce qui leur permet de coloniser progressivement les châtaigneraies environnantes.

Introduit dans un objectif de régulation durable, Torymus sinensis ne permet pas d’éradiquer totalement le cynips, mais d’en réduire fortement les populations. À terme, un équilibre naturel s’installe entre le ravageur et son auxiliaire, permettant un retour progressif à de meilleures conditions de production.

Sources : Syndicat National des Producteurs de Châtaignes – FREDON Occitanie – FREDON Bretagne