Bulletin de santé du végétal Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures (BSV JEVI)
Le BSV JEVI est destiné à fournir régulièrement aux professionnels non agricoles des informations sur la situation sanitaire des végétaux en région. Ce réseau d’alerte animé par FREDON Bretagne grâce au soutien de la DRAAF Bretagne vise à :
• Assurer une veille sanitaire en JEVI grâce à un réseau d’observateurs volontaires;
• Sensibiliser sur les espèces à risques;
• Communiquer sur les principaux organismes de quarantaine prioritaires;
• Diffuser des informations liées aux bonnes pratiques de gestion des végétaux en JEVI.
Alerte Nématode du pin
Le nématode du pin
Bursaphelenchus xylophilus
Lundi 3 novembre, le premier foyer de nématode du pin a été détecté en France, à Seignosse dans les Landes. Originaire d’Amérique du Nord, le nématode du pin s’est étendu en Asie avant d’être introduit en Europe.
Il est présent au Portugal depuis 1999 et de façon localisée en Espagne depuis 2008. C’est un organisme nuisible classé parmi les organismes de quarantaine prioritaires par la réglementation européenne sur la santé des végétaux (règlement (UE) 2019/1702) car sa présence peut représenter une menace économique, environnementale ou sociale importante pour le
territoire de l’Union européenne. C’est une espèce invasive faisant l’objet d’un plan de surveillance, de mesures de quarantaine et de désinfection obligatoire des bois. Sa dispersion est fortement favorisée par le transport de bois contaminés, les monocultures de pins et par la présence d’insectes vecteurs du genre Monochamus (famille des cerambycidae).
Il est donc interdit d’introduction et de circulation en Europe.
Bursaphelenchus xylophilus ©Plateforme ESV
Biologie
Les nématodes se déplacent grâce à un vecteur: un coléoptère longicorne du genre Monochamus qui permet la transmission des nématodes d’un arbre contaminé à un arbre sain. Son nom d’espèce signifie « qui aime le bois ». Il lui a été donné car c’est une espèce qu’on trouve dans le bois de certains résineux malades ou morts. Sa taille est un peu moins d’un millimètre de long avec un aspect translucide. Il peut entraîner la mort des arbres en 45 jours.
Les coléoptères du genre Monochamus jouent un rôle central dans la propagation du nématode du pin. Leurs larves se développent à l’intérieur du bois où elles se nourrissent et se transforment en nymphes. L’insecte vecteur Monochamus sp. effectue sa ponte dans l’écorce d’arbres résineux affaiblis ou morts récemment. Les larves forment des galeries dans l’écorce puis dans l’aubier et entrent en nymphose en hiver dans le bois. Si la ponte a été effectuée sur un arbre infecté par le nématode, les nématodes migrent dans la loge nymphale des Monochamus et pénètrent dans les trachées avant leur envol au printemps suivant. Les adultes émergent du bois et se dispersent dans les peuplements à la recherche de nourriture : ils consomment l’écorce de jeunes rameaux d’arbres sains. C’est pendant cette phase de consommation nécessaire à leur maturation sexuelle que les insectes transmettent les nématodes aux arbres sains. Entre avril et octobre les Monochamus ont des capacités de vols de plusieurs kilomètres.
Monochamus galloprovincialis ©Source EPPO
Végétaux hôtes
Les végétaux sensibles sont les conifères des genres pins, sapins, cèdres, mélèzes, épicéas, douglas et tsugas.
Les symptômes
Trou de sortie de l’adulte du Monachamus à gauche et larve de Monachamus à droite ©EPPO
Les adultes de Monochamus vecteurs du nématode du pin se nourrissent essentiellement au niveau du houppier des arbres, c’est donc la zone où l’on observera généralement les premiers symptômes de dépérissement.
Le diagnostic se fait à partir de deux types d’observations :
- L’observation d’arbres dépérissant : déficit foliaire et/ou jaunissement puis flétrissement généralisé des aiguilles sur un ou plusieurs rameaux, dus à la rupture du transport de l’eau par le xylème causée par la multiplication des nématodes dans l’arbre. L’arbre meurt rapidement.
- L’observation de blessures causées par l’insecte vecteur : lors de la ponte, les Monochamus creusent des encoches transversales dans l’écorce. Des galeries peuvent également être observées dans le bois lorsque les larves s’aliment en creusant l’aubier. Enfin les larves adultes réalisent des orifices de sortie, généralement arrondis, avec ou sans écorce.
L’apparition des symptômes dépend de divers facteurs environnementaux comme la température, la capacité en eau du sol, la sécheresse. Il a été démontré par exemple que les symptômes
Dépérissements de Pinus dus au nématode du pin à Madère ©Source Mr GOUDET
Confusion possible
Les symptômes de décoloration des aiguilles suivie d’un flétrissement généralisé ne sont pas spécifiques, ils peuvent être confondus avec une attaque de scolytes, de pourridiés ou de dégâts dus à la sécheresse.
Signalement
Toute présence suspecte des symptômes doit être signalée à votre direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) ou à FREDON de votre région, en envoyant une photo, en précisant le lieu de l’observation et la plante concernée.
Monochamus galloprovincialis ©INRAE
Les actualités biodiversité
Ces documents ont été réalisés par un collège de rédacteurs, associant des membres du MNHN, des référents experts de la DGAL, des agents du BSV mais aussi des acteurs du réseau BSV de plusieurs chambres régionales d’agriculture, du CIRAD, de l’INRAE ainsi que des professionnels producteurs agricoles.
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