Bulletin de santé du végétal Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures (BSV JEVI)

Le BSV JEVI est destiné à fournir régulièrement aux professionnels non agricoles des informations sur la situation sanitaire des végétaux en région. Ce réseau d’alerte animé par FREDON Bretagne grâce au soutien de la DRAAF Bretagne vise à :

• Assurer une veille sanitaire en JEVI grâce à un réseau d’observateurs volontaires;

• Sensibiliser sur les espèces à risques;

• Communiquer sur les principaux organismes de quarantaine prioritaires;

• Diffuser des informations liées aux bonnes pratiques de gestion des végétaux en JEVI.

La pyrale du buis

Cydalima perspectalis

Les premières chenilles de la deuxième génération 2025 ont émergé fin août début septembre. Cette génération est moins active que la première mais créée quand même des défoliations notamment dans le jardin du château de Josselin. Un vol tardif fin septembre semble s’apparenter à un troisième vol, rarement observé en Bretagne. Les conditions climatiques de cet été ont favorisé la reproduction du ravageur. Les interventions au bacille de Thuringe sont à privilégier quand les chenilles sont à des stades peu avancés.

Le réseau de piégeage

Le réseau de piégeage s’étend sur différentes communes: Plougastel Daoulas, Plougoulm, Névez (29), Plérin (22), Josselin, Auray, Vannes (56), Rennes, Pleurtuit (35).

Les premiers papillons ont été piégés lors de la dernière décade de mai. Deux pics de vol sont enregistrés mi-juillet et fin-août. Malgré un été très clément, le nombre de papillons capturés restent très faible.

Les méthodes de lutte

En préventif
  • Mettre en place des pièges à phéromones à partir du mois d’avril (redémarrage du vol différé suivant les années) qui permettent de capturer les mâles, de limiter les fécondations de femelles mais aussi être avisé de leur présence pour une mise en alerte;
  • Afin de limiter l’apparition des premières chenilles au mois de mars, il est possible d’enlever et de brûler les cocons d’hivernage présents sur les buis du mois de novembre au mois de février;
  • Couvrir les pieds sains d’un voile d’hivernage ou équivalent pour éviter qu’ils ne soient contaminés à leur tour lors des différents vols de la pyrale;
En curratif
  • Utiliser un aspirateur pour retirer les chenilles des buis lors de leurs périodes d’activité;
  • Couper les parties atteintes et les brûler;
  • Si vous possédez des haies de buis ou des buis de grandes tailles, vous pouvez secouer ou frapper vos buis avec un bâton. Les chenilles étant sensibles aux vibrations, elles tomberont au sol. Pour faciliter le ramassage, disposer au préalable un filet ou un tissu au pied de vos buis. Vous pourrez ensuite ébouillanter, écraser ou bruler les chenilles;
  • Lâcher des hyménoptères parasitoïdes oophages (Trichogrammes) dès l’apparition des premiers papillons;
  • Utiliser du bacille de Thuringe en lutte biologique lorsque les chenilles se nourrissent;
  • Des actions collectives de surveillance et de traitement sont indispensables pour limiter la propagation de la pyrale du buis;

Fiche pratique sur la lutte contre la pyrale du buis à l’aide de biocontôle

La processionnaire du pin 

Thaumetopoea pityocampa

Les processions se sont terminées fin avril. Après s’être nymphosés dans le sol, les papillons ont commencé à voler fin juin / début juillet.

Le réseau de piégeage

 Un réseau de piégeage à l’aide de piège entonnoir à phéromone, a été installé dans différentes communes de la région:

Quimper, Morlaix, Guipavas, Landerneau (29), Taden, Ploufragan, Pléhédel, Saint Cast, Tréfumel, Ploeuc du Trieux, Lézardrieux, Yffiniac (22), Sarzeau, Pluneret, Serent (56), Liffré (x2), Iffendic, Saint Jacques de la Lande (35).

Le réseau a été mis en place trop tardivement en 2025.

Les conditions favorables ont précipité le vol qui a du débuté dans la deuxième quinzaine de juin. Les pièges ayant été posés dans le première partie de juillet, nous sommes donc passé à côté du début du vol.

Les premiers papillons ont été piégés en semaine 28 et le pic de vol est enregistré en cette même semaine (habituellement celui-ci a lieu vers la fin juillet). Après cette période, les captures ont fortement baissé au mois d’août. Le vol 2025 aura été très précoce, le plus précoce depuis 2009. Ce vol est d’une intensité relativement faible puisque nous sommes sur une moyenne de captures par piège de 24 papillons soit une des moyennes les plus basses de ces 16 dernières années. C’est dans le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine que les cumuls sont les plus élevés. Le papillon a progressé vers l’Ouest notamment dans les Côtes-d’Armor avec des captures sur la commune de Lézardrieux. (cf carte ci-dessus).

Les méthodes de lutte

En cette période automnale, les méthodes de luttes à mettre en place sont:

  • Mise en place de nichoirs à mésanges (8 à 20 nichoirs / Ha sur la surface à protéger).
  • Pose et entretien des éco-pièges pour limiter les processions.
  • Echenillage des pré-nids et des nids d’hiver (risque de contact avec poils urticants).
  • Interventions au bacille de Thuringe sur jeunes chenilles.

Pour plus d’informations, consultez le recueil des méthodes de lutte de l’observatoire des chenilles processionnaires en cliquant ICI

Chenilles processionnaires du chêne ©FREDON Bretagne

La processionnaire du chêne

Thaumetopoea processionea

Les nids de chenilles de processionnaires du chêne sont dorénavant vides, les chenilles s’étant nymphosées à l’intérieur de ceux-ci. Même si les nids n’abritent pas de chenilles, ceux-ci restent remplis de poils urticants. Il faut donc éviter de les manipuler, ou si manipulations il y a, il est primordial de se munir des EPI nécessaires (cf paragraphe bonnes pratiques).
Cette année des nids ont été découverts dans les communes suivantes : Saint Brieuc, Pléneuf, Saint Alban, Saint Cast (22), Rennes, Iffendic (35), Elven, Séné et dans le secteur de Vannes (56). L’activité de ce ravageur reste faible sur la région.

Les bonnes pratiques pour éliminier les nids de nymphose

  • Avant toute manipulation, bien se protéger tout le corps en s’équipant d’une combinaison, d’un masque et de gants;
  • Préférer une intervention le matin par temps humide;
  • Pulvériser abondement une solution d’eau savonneuse sur le nid de nymphose;
  • Retirer le nid humide et le placer dans un sac plastique étanche et bien fermé;
  • Il est aussi possible de brûler les nids à l’aide d’un chalumeau en étant équipé d’EPI adaptés;

Les bonnes pratiques pour éviter les urtications

En cas de pullulations dans les secteurs forestiers :

  • S’équiper de manches longues, d’un pantalon et de chaussures montantes;
  • Eviter de rentrer dans les massifs forestiers par fortes chaleurs et vents soutenus;

Le réseau de piégeage

Un réseau de piégeage à l’aide de pièges entonnoirs à phéromone, a été installé dans différentes communes de la région:
Iffendic, Saint Jacques de la Lande, Pleurtuit (35), Serent, Noyal-Muzillac (56), Saint Alban, Ploufragan, Plélo, Plémet, Plérin(22).

Le total des captures reste très faible sur l’ensemble des communes (20 papillons au total) hormis à Serent ou l’on relève 11 papillons. Le pic de vol a été enregistré début août. Le vol est dorénavant terminé.

Le charançon rouge du palmier

Rhynchophorus ferrugineus

La lutte contre Rhyncophorus ferrugineus est obligatoire de façon permanente sur le territoire métropolitain (arrêté national du 25 juin 2019). La présence ou toute suspicion du ravageur doit impérativement être signalée à la DRAAF/SRAL ou à la FREDON Bretagne mais la réglementation va évoluer. A compter de novembre 2025, le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus) n’est plus considéré comme organisme de quarantaine pour la protection des végétaux : il n’y aura plus d’obligation de lutte au niveau national (arrêté du 28/04/25).

Situation en Bretagne

Ce charançon a été découvert pour la première fois en France, en Corse en 2006 et en Bretagne en 2013. Le foyer de 2013 en Bretagne avait été éradiqué. Après la découverte de deux foyers dans le Morbihan, durant l’été 2023 dans la région de Plouhinec et dans la région de Molac / Questembert, trois autres foyers ont été déclarés à Plouhinec en février / mars 2024. Tous ces foyers ont été éradiqués, les palmiers ayant été détruits. De nouveaux cas ont été relevés en 2024 sur Plouhinec, Riantec, Locmiquélic et Sarzeau. Aucun nouveau cas n’a été localisé en 2025.
40 pièges à phéromones ont été disposés dans les environs des foyers enrayés:

  • Semaine 22: Un charançon à Riantec
  • Semaine 23: Un charançon à Plouhinec
  • Semaine 44: Deux charançons à Sarzeau
  • Semaine 45: Un charançon à Sarzeau.

En cas de suspicion, prévenez la DRAAF/SRAL ou la FREDON Bretagne

Nymphe de charançon rouge du palmier ©FREDON Bretagne

Palmier atteint ©FREDON Bretagne

Les pucerons

La présence des pucerons est assez faible en ce moment. On retrouve néanmoins quelques foyers sur frêne, laurier tin, laurier du Portugal, pommier, azalée et noisetier. Les dégâts relevés sont assez marqués sur charme et laurier tin.

Les méthodes de lutte

  • Destruction manuelle par suppression des colonies par écrasement.
  • Lutte biologique : différents auxiliaires se nourrissent de ces bioagresseurs, comme les oiseaux, les coccinelles, les chrysopes, les punaises prédatrices, les carabes, les cécidomyies, les syrphes, les hyménoptères parasitoïdes, les mammifères insectivores (ex : musaraigne). Favoriser leur implantation dans votre jardin permettra d’assurer une régulation efficace. Selon les auxiliaires, des lâchers peuvent également être effectués.
  • Produits de biocontrôle homologués en jardins d’amateurs pour pucerons, à base de ces substances actives : acides gras, acides gras+soufre, huile de colza, huile de paraffine, huile essentielle d’orange, pyréthrines (attention : non sélectif).

Tigre du platane

Corythucha ciliata

Un foyer de tigre du platane a été observé dans une cour d’école dans le ville de Vannes. Cet insecte de l’ordre des Hétéroptères et de la famille des Tingidés est apparu en France à Antibes en 1975. Il colonise le territoire français depuis 50 ans. Nous ne l’avions pas observé sur le territoire breton jusqu’alors.

Le tigre du platane, insecte piqueur suceur, se nourrit de la sève de ses hôtes, engendrant des dépigmentations de feuilles et la chute de celles-ci, lorsque l’attaque est bien marquée.

Ce ravageur n’est pas dangereux pour l’homme mais peut provoquer des piqûres et engendrer des démangeaisons.

Les méthodes de lutte

La lutte biologique est réalisée en combinant l’action d’un nématode entomopathogène et d’un prédateur. Les stratégies utilisées et les prescriptions sont issues des résultats de programmes de recherche conduits ces dernières années.

Vous trouverez ICI, le livre technique biocontrôle du tigre du platane sur le site EcophytoPro.

Un tigre du platane adulte – Photo : Slimguy via wikimedia commons

Auxiliaires

Les auxiliaires ont été assez actifs ces dernières semaines. On note une bonne présence de coccinelles, syrphes et à moindre mesure de cécidomyies et punaises, ichneumons. Leur activité risque de baisser car les températures vont doucement chuter.

Vous trouverez ICI, une page internet traitant des punaises prédatrices.

Larve de cécidomyie dévorant un puceron – FREDON Bretagne

Les actualités biodiversité

Ces documents ont été réalisés par un collège de rédacteurs, associant des membres du MNHN, des référents experts de la DGAL, des agents du BSV mais aussi des acteurs du réseau BSV de plusieurs chambres régionales d’agriculture, du CIRAD, de l’INRAE ainsi que des professionnels producteurs agricoles.

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