Bulletin de santé du végétal Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures (BSV JEVI)

Le BSV JEVI est destiné à fournir régulièrement aux professionnels non agricoles des informations sur la situation sanitaire des végétaux en région. Ce réseau d’alerte animé par FREDON Bretagne grâce au soutien de la DRAAF Bretagne vise à :

• Assurer une veille sanitaire en JEVI grâce à un réseau d’observateurs volontaires;

• Sensibiliser sur les espèces à risques;

• Communiquer sur les principaux organismes de quarantaine prioritaires;

• Diffuser des informations liées aux bonnes pratiques de gestion des végétaux en JEVI.

Pyrale du buis

Cydalima perpectalis

Origine

La pyrale du buis (Cydalima perpectalis) est un lépidoptère de la famille des Crambidés (Crambidae). Originaire d’Asie, elle a été découverte pour la première fois en Allemagne au milieu des années 2000 et, en France, en 2008.

Cycle biologique

Les chenilles de la pyrale du buis deviennent actives au printemps (environ mi mars) et commen-cent alors à se nourrir. Les températures optimales auxquelles elles s’alimentent sont comprises entre 18°C et 30°C. Selon le climat, le cycle de la pyrale peut se répéter 2 à 3 fois par an.

Morphologie

La chenille non urticante peut atteindre 50 mm de long. Son corps à dominante verte est doté de rayures blanches et jaunes et de séries de points noirs cerclés de blanc. Sa tête est noire luisante.

La chrysalide de 15 à 20 mm de long vire du vert au brun avec l’âge. Ce cocon de soie est tissé à l’intérieur du feuillage.

La papillon nocturne quant à lui a une envergure de 36 à 44 mm. Ses ailes habituellement blanches à reflets violets sont dotées d’une large bande brun—bronze. Le corps est généralement blanc sauf la tête, le prothorax et l’extrémité de l’abdomen qui sont brun-bronze . Il est rare que les ailes et le corps puissent être presque entièrement bruns.

Dégâts et plantes hôtes

Les chenilles provoquent une défoliation importante et rapide des plants de buis. Pour l’instant ce ravageur n’a attaqué que du buis et l’Ilex crénata en France mais en Asie, on peut la retrouver sur du houx à feuilles pourpres (Ilex purpurea), sur fusain du Japon (Euonymus japonicus) et sur fusain ailé (Euonymus alata).

Ce lépidoptère présente donc une menace pour les pépinières, les parcs, les jardins mais aussi les buissons de buis qui poussent de manière spontanée en forêt. Si l’attaque est trop importante, cette dernière peut devenir fatale pour le végétal.

On peut détecter sa présence grâce aux fils soyeux et aux déjections verts foncés. L’aspect esthétique est également impacté par un brunissement du feuillage.

Cycle de Cydalima perspectalis sur une année ©Image: jardinbiologique.com

Dégâts de pyrale du buis sur buis de bordure ©FREDON Bretagne

Observations

Les chenilles hivernantes viennent de reprendre leur activité en semaine 11. Le premier signalement nous vient de la commune de Josselin (56) où des chenilles venant d’émerger ont été observées.

Analyse de risque

Le temps printanier de ces derniers jours va favoriser l’émergence des chenilles.

Gestion du risque

Si vous possédez du buis il est fortement conseillé d’inspecter ceux-ci une fois par semaine, pour une détection précoce qui permettra d’enrayer plus facilement le ravageur et de limiter les dégâts. Il faut souvent écarter les feuilles pour inspecter le coeur de l’arbuste.

Oeufs de pyrale du buis sur buis ©insecte-net.fr

Chenille de pyrale du buis sur buis dans son logis hivernal ©insecte-net.fr

Chenille de pyrale du buis sur buis ©insecte-net.fr

Moyens de lutte

En préventif:

    • Mettre en place des pièges à phéromones qui permettent de capturer les mâles, donc limiter les fécondations de femelle et ainsi être avisé de leur présence pour une mise en alerte ;
    • Afin de limiter l’apparition des premières chenilles au mois de mars, il est possible d’enlever et de brûler les cocons d’hivernages présents sur les buis du mois de novembre au mois de février ;
    • Couvrir des pieds sains d’un voile d’hivernage ou équivalent pour éviter qu’ils ne soient contaminés à leur tour.

En curatif : 

    • Utiliser un aspirateur pour retirer les chenilles des buis ;
    • Couper les parties atteintes et les brûler ;
    • Si vous possédez des haies de buis ou des buis de grandes tailles, vous pouvez secouer ou frappez vos buis avec un bâton. Les chenilles étant sensibles aux vibrations, elles tomberont au sol. Pour faciliter le ramassage, disposer au préalable un filet ou un tissu au pied vos buis. Vous pourrez ensuite ébouillanter, écraser ou bruler les chenilles
    • Lâcher des hyménoptères parasitoïdes oophages ;
    • Si une de vos plantes est touchée ou en cas de capture d’un papillon dans un piège, vous devez informer le voisinage de la présence du ravageur ;
    • Utiliser du bacille de Thuringe en lutte biologique et recourir à des mesures curatives chimiques en cas de nécessité seulement ;
    • Des actions collectives de surveillance et de traitement sont indispensables pour limiter la propagation de la pyrale du buis ;
    • La lutte chimique est possible mais est à limiter car elle impacte les autres insectes.

Les actualités biodiversité

Ces documents ont été réalisés par un collège de rédacteurs, associant des membres du MNHN, des référents experts de la DGAL, des agents du BSV mais aussi des acteurs du réseau BSV de plusieurs chambres régionales d’agriculture, du CIRAD, de l’INRAE ainsi que des professionnels producteurs agricoles.

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