Bulletin de santé du végétal Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures (BSV JEVI)
BSV Cultures Ornementales
« Bilan 2025 »
Avec près de 900 ha de cultures ornementales, la Bretagne est la 8ème région française de production. Aussi, fournir aux producteurs une information sur la situation sanitaire est primordial. Le BSV Cultures Ornementales est animé et rédigé par FREDON Bretagne dans le cadre du plan Ecophyto. Il est basé sur des observations effectuées régulièrement en pépinières. En savoir +
Le bulletin bilan 2025 est à retrouver ici.
Pucerons
Les conditions climatiques douces observées fin mars et début avril ont favorisé une installation précoce et une forte dynamique des populations de pucerons. Une activité élevée est signalée sous abris et en extérieur, avec des niveaux de pression variables selon les sites. Des symptômes de dégâts directs ont été observés ponctuellement (enroulement des feuilles, chute foliaire). La pression reste marquée jusqu’en juin, puis diminue nettement au cours de la période estivale (juillet-août). En septembre, quelques foyers persistants sont observés, principalement sous abris, sans impact significatif sur l’état sanitaire des végétaux. En octobre, une recrudescence de l’activité est constatée, sous abris et en extérieur, notamment sur pittospore, avec une nuisibilité généralement faible. Toutefois, dans le Finistère nord, deux foyers à forte intensité ont été signalés sur jeunes pousses de camélias.
Les végétaux concernés étaient: rosier, photinia, érable, viorne, buddleia, punica, olivier, romarin, hibiscus, lavatère, bambou, hébé, aucuba, sempervivum, helichrysum, groseillier, hypericum, musa, pommier, poirier, azalée, choisya, rhododendron, hortensia, camélia, eucalyptus, salix, arbousier, lavande, chêne vert, sarcococca, ciste, cerisier, pittosporum, pin, genêt, pseudopanax, merisier, aubépine, yucca, fusain, aeonium, gardenia, gazania, sedum, laurier tin, dicentra, framboisier, piment, citronnier, mûrier, fraisier, frêne, laurier rose, agapanthe, fuchsia, acanthe, citrus, charme, hêtre, chêne, magnolia et pieris.
Relation symbiotique entre fourmis et pucerons ©FREDON Bretagne
Otiorhynque
D’avril à mai, la pression des otiorhynques est faible à très faible. Quelques observations ponctuelles de larves et d’adultes sont signalées sous abris et en extérieur, sans impact notable sur les végétaux. Les espèces concernées sont principalement l’olivier, le camélia, l’azalée, le rhododendron, l’hortensia et l’osmanthus. En juin, la pression est en augmentation, avec une présence plus régulière d’adultes, essentiellement sous abris. Les dégâts observés restent limités à des défoliations partielles. En juillet et août, la pression diminue. Le pic d’émergence des adultes est passé et l’activité est en nette baisse. En septembre, le risque est modéré, en lien avec l’émergence progressive des larves. En octobre, l’activité des adultes est faible. Quelques cas de défoliation sont observés sur if, azalée et rhododendron. Dans deux pépinières, des dégâts plus marqués (morsures d’adultes) sont signalés sur camélia.
On a pu retrouver des dégâts d’orthorhynques sur : olivier, prunus lusitanica, camélia, azalée, rhododendron, hortensia, osmanthus, photinia, fatsia, loropetalum, houx, cordyline, viorne.
Otiorhynque adulte ©FREDON Bretagne
Cochenilles
En avril, l’activité des cochenilles est modérée. Des foyers sont observés sur différents végétaux ; ils sont généralement peu significatifs, mais certains peuvent être plus marqués, notamment sur fusain et cycas. En mai, la pression est faible. En juin et juillet, l’activité des cochenilles est en augmentation, principalement sous abris. Des foyers sont régulièrement observés sur divers végétaux, le plus souvent peu développés. En juin, les cochenilles farineuses sont majoritaires, tandis qu’en juillet, les cochenilles à coques et australiennes sont les plus fréquemment observées. En août, la situation est stable jusqu’à devenir faible en septembre. En octobre, l’activité des cochenilles est en légère augmentation, notamment en fréquence d’observation. Les foyers restent peu développés, observés majoritairement sous abris et plus rarement en extérieur.
Nous pouvons retrouver plusieurs types de cochenille : farineuses, australiennes, à boucliers et à carapaces.
Les végétaux concernés sont : camélia, rhododendron, choisya, citrus (agrumes, citronnier), fusain, cycas, phormium, grévilléa, michelia, bambou, acacia, myrsine, pittospore, arbutus, olivier, pieris, pin parasol, bananier, pins, viorne, laurier-rose, myrtillier, isopogon, colocasia, astélia, ophiopogon, lomatia, sarcococca, gardenia.
Cochenille farineuse ©FREDON Bretagne
Cochenille farineuse ©FREDON Bretagne
Cicadelles et cercopes
En juillet, la pression des cicadelles est forte. Des foyers sont observés en production, sous abris et en plein air, avec la présence d’adultes, larves et œufs. En août, la pression devient forte, avec des foyers étendus en production sous abris et en plein air. En septembre, la pression est relativement faible, mais quelques foyers persistent sur certains végétaux. En octobre, la pression est en légère augmentation, mais leur présence n’occasionne pas d’impact significatif sur les plantes. Fin octobre, la pression est stable, avec une présence faible et sans impact notable sur les végétaux.
Les végétaux concernés sont : sauge, thym, menthe, camélia, romarin, pommier, ballota, feijoa, lavande, nepeta, perovskia, phlomis, cordyline, rhododendron, spiranthe, pittospore, photinia, cerisier, anisodontea, buddleia, viorne, toutes les espèces de fruitiers.
cicadelle du rhododendron (Graphocephala fennahi) ©FREDON Bretagne
Philaenus spumarius
Acariens
Les acariens sont peu présents, avec quelques foyers sous abris en avril. On note également des attaques de phytoptes sous serres sur camélia, poirier, bambou et agapanthe, provoquant des déformations de feuillage. En mai, l’activité des acariens est en augmentation, mais les foyers restent peu développés, principalement sous abris. Les attaques de phytoptes persistent sur poirier, bambou et agapanthe. En juin, la fréquence d’observation des acariens augmente : de nombreux foyers peu développés sont signalés sous abris. Les phytoptes continuent de provoquer des déformations sur bambou et camélia en serre, et sur poirier et pommier en extérieur. En juillet et août, la fréquence d’observation des acariens est en forte augmentation, avec des individus présents en plein air et sous abris. En septembre, l’activité des acariens reste assez élevée, mais les foyers sont bien contenus, majoritairement sous abris. En octobre, l’activité est assez élevée, mais les foyers restent peu développés, sauf dans une pépinière du Finistère où des attaques conséquentes de tétranyques sont observées sur Leptospermum. Quelques tarsonèmes sont également notés. Fin octobre, la fréquence d’observation est assez faible, avec seulement quelques foyers résiduels sur certains végétaux.
Les végétaux concernés sont : Choisya, genêt, pittospore, agrumes, camélia, poirier, bambou, agapanthe, hortensia, anisodontea, skimmia, Hibiscadelphus, viorne, azalée, edgworthia, grévilléa, loropetalum, escallonia, sambucus, fatsia, rosier, euphorbe, buddleia, ceanothe, colocasia, cordyline, dipladenia, physocarpus, kalimeris, hibiscus, vitex, convolvulus, saule, sorbier, nepeta, citronnier, mauve, daphnée, musa, lupin, clematites, dietes, polygala, trachelopermum, gardenia, chimonanthus, vigne, leptospermum, laburnum, grevillea.
Adulte de Tétranyque tisserand ©FREDON Bretagne
Dégâts de phytopte sur poirier ©FREDON Bretagne
Thrips
En début de printemps l’activité des thrips est faible, avec une présence à faible densité sous abris. L’espèce la plus observée est Heliothrips haemorrhoidalis. En mai, les premiers dégâts sont signalés, notamment sur mahonia. En juin, l’activité reste faible, avec quelques foyers peu développés sous abris, sans impact notable sur les plantes. En septembre, quelques individus sont observés en pépinières sous abris, sans conséquences pour les végétaux. En octobre, la fréquence d’observation est en légère augmentation, principalement sur chrysanthème, mais les populations ne causent pas de dégâts importants. Heliothrips reste le genre prédominant. La fréquence reste ensuite stable, avec présence sur divers végétaux sans impact significatif.
Les végétaux concernés sont : camélia, viorne, rhododendron, myrthe, azalée, agapanthe, leptospermum, mahonia, hortensia, clianthus, euphorbe, dipladenia, rosier, laurier-tin, fuchsia, crinodendron, pittospore, photinia, boronia, drimys, arbutus, grévilléa, chrysanthème, magnolia, convolvulus, choisya, viorne, fougère, myrsine.
Un adulte d’Heliothrips haemorrhoidalis sur rhododendron ©FREDON Bretagne
Tordeuse de l’oeillet
Quelques attaques localisées de ce ravageur sont observées début avril sous abris, provoquant de faibles défoliations. En mai et juin, les attaques restent localisées sous abris et en extérieur, avec défoliations généralement faibles, mais un foyer plus marqué est signalé sur pommier, poirier et prunier en Ile-et-Vilaine, entraînant de fortes défoliations. En juillet, un deuxième pic de vol est noté autour du 10 juillet. Les attaques restent localisées, avec des défoliations modérées. En août, les attaques sont toujours localisées, avec un peu moins de captures après la fin du deuxième pic de vol. Le risque de nouvelles attaques de chenilles reste présent. mI6 aout, nous constatons un troisième pic de vol avec des captures plus élevés. En septembre, les attaques restent légères, sous abris et en extérieur. En octobre, l’activité est très faible, avec un seul végétal concerné (hebe), malgré la présence d’adultes dans certaines pépinières.
Nous retrouvons des attaques sur: rosier, pittospore, choisya, photinia, camélia, sauge, lagerstroemia, prunier, poirier, pommier, viorne, citronnier, ribes, laurier-sauce, myrtillier, fejoa, loropetalum, eriostémon, nandina, fusain, saule, euonymus, callistémon, hebe, daphné.
Un réseau de piégeage de la tordeuse de l’œillet a été mis en place sur six communes: Saint Anne d’Auray (56), Plougoulm, Plougastel-Daoulas, Bénodet, Névez (29) et Plumaugat (22).
Tordeuse de l’œillet ©FREDON Bretagne
L’année 2025 présente une activité plus modérée et plus régulière que 2024. Les pics de captures sont moins marqués et restent généralement inférieurs à 30 individus.
Chenilles défoliatrices
Cette année le pic d’observation des chenilles se situe en juillet. On retrouve des individus en plein air et sous abri.
Les végétaux concernés sont: rhododendrons, camélias, pommier et poirier…
Orgyia antiqua ©FREDON Bretagne
Tordeuse ©FREDON Bretagne
Oïdium
En début d’année la maladie est rarement observée sous abris, avec peu de dégâts, sauf sur hébé où une dégradation de feuillage est notée. Le risque est modéré. En mai, la fréquence d’observation est en augmentation, principalement sous abris, sans dégâts importants. En juin, la fréquence d’observation croît. Les cas sont signalés sous abris et parfois en extérieur, avec des dégradations importantes sur lagerstroemia et photinia. Le risque est élevé, les conditions météorologiques étant favorables au développement de la maladie. En juillet, la fréquence des observations continue à augmenter, sous abris et parfois en extérieur. Les foyers concernent de nombreux végétaux. Le risque reste élevé avec la météo chaude et pluvieuse annoncée. En octobre, plusieurs cas sont relevés sous abris et plus rarement en extérieur, certains foyers étant bien développés, notamment sur charme. Le risque est élevé compte tenu des températures douces, de l’humidité ambiante et des nuits fraîches.
Cette année nous pouvons noter cette maladie sur :
Hébé, photinia, verveine, penstemon, gazania, laurier du Portugal, rosier, romarin, nepeta, coreopsis, lagerstroemia, eucalyptus, œillet, sedum, berberis, hortensia, chêne, acanthe, euphorbe, phlox, spirées, laurier-palme, pommier, amélanchier, acacia, charme, abricotier, azalée mollis, magnolia, sophora, michelia, dahlia et le fusain.
Oïdium sur rosier ©FREDON Bretagne
Mildiou
En avril, quelques cas sont relevés sur coreopsis, hébé, euphorbe, sauge, coronille, lonicera et rosier sans conséquences pour les plantes. En mai, quelques cas sont relevés sur vigne, hébé, rosier, osteospermum, coronille et buddleia sans gros impacts pour les plantes. Le risque est modéré, les conditions climatiques étant favorables au développement de la maladie. En juillet, des observations de ce champignon ont été faites sur laurier-palme et véroniques dans le Finistère. Cinq observations de fortes attaques de mildiou (Peronospora hariotii) sur buddleia ont été remontées (3 en Ille-et-Vilaine et 2 dans le Finistère). Le risque est important, surtout si cet épisode de chaleur est suivi par des pluies. En août, la fréquence d’observations de cette maladie est stable. Les cas sont principalement sous abris, parfois en extérieur, sur laurier-palme, forsythia, buddleia, diosma, vigne et véronique. En octobre, de rares cas de mildiou sont notés sur rosier en extérieur et sur vigne, saxifrage, buddleia et hébé sous abris, sans conséquences importantes pour les plantes. Le risque est modéré, les conditions climatiques étant favorables au développement de la maladie.
Les végétaux concernés cette année par le mildiou :
Coreopsis, hébé, euphorbe, sauge, coronille, lonicera, rosier, vigne, osteospermum, buddleia, laurier-palme, véronique, forsythia, diosma, saxifrage.
Mildiou Peronospora hariotii sur Buddleia ©FREDON Bretagne
Botrytis
En mai, quelques taches de Botrytis sont notées sur grevilléa et hortensia sous abris dans deux pépinières du Finistère et en extérieur sur kiwi dans une structure du Morbihan sans conséquences pour les plantes.
Pourriture brune des racines et du collet
Nous notons en avril que la maladie est peu présente. Elle est observée dans une pépinière du Morbihan sur camphrier, engendrant un affaiblissement important du végétal. En juin, quelques cas sont notés sur choisya, diosma, erica, pieris et rhododendron en production sous abris et en extérieur, affaiblissant les plantes. Le risque est élevé, les températures de saison et une pluviométrie soutenue étant favorables au développement du Phytophthora. En octobre, la maladie est peu présente. Elle est observée dans trois pépinières du Morbihan sur rhododendron et sur choisya, engendrant un affaiblissement des plantes. En fin octobre, la maladie est bien présente. Elle est relevée dans quatre pépinières du Finistère sur rhododendron et choisya, provoquant un affaiblissement des plantes.
Nous retrouvons cette maladie sur : choisya, diosma, erica, pieris et rhododendron.
Pourriture brune des racines et du collet sur choisy ©FREDON Bretagne
Phytophtora ramorum
Un cas de Phytophtora ramorum a été détecté en novembre dans une pépinière des Cotes-d’Armor entrainant la destruction des plants. Ce champignon est un organisme de quarantaine soumis à éradication en cas de détection.
Pourriture brune des racines et du collet sur choisy ©FREDON Bretagne
Xylella fastidiosa
Cette bactérie (organisme de quarantaine prioritaire), présente dans le Sud de la France n’a pas été observée en Bretagne en 2025.
Un prélèvement sur un Polygala myrtifolia présentant des symptômes s’est avéré négatif en début d’année 2025.
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