Cela fait plus de 10 ans que l’Agence Régionale de la Santé (ARS) Bretagne et FREDON Bretagne ont engagé un partenariat pour mettre en œuvre des actions à l’encontre d’espèces végétales et animales dont la prolifération peut porter gravement atteinte à la santé humaine. Ainsi FREDON Bretagne réalise une mission de surveillance et de prévention des risques sanitaires actuels et futurs.
Vous trouverez ci-après le dernier Flash SÈVE dont la mission est de vous informer sur l’ensemble des problèmes sanitaires actuels et futurs (Espèces Exotiques Envahissantes ayant un impact sur la santé humaine, chenilles urticantes,…).
Bonne lecture !
Chenille processionnaire du pin
Toutes les chenilles poilues ne sont pas urticantes
Toutes les chenilles poilues ne sont pas urticantes. En effet, en Europe on répertorie près d’une centaine d’espèces de chenilles poilues mais seulement quelques-unes sont urticantes. Chez la chenille processionnaire, la majorité des poils visibles ne présentent aucun danger, ce sont les poils invisibles qui sont urticants.
En dehors des soies urticantes invisibles, la chenille processionnaire qui est très poilue, possède trois grands types de poils, chacun jouant un rôle bien distinct dans son adaptation et sa survie :
• Les poils tactiles : des capteurs sensoriels
Ces poils sont sensibles au toucher, longs et souples situés sur la tête, les flancs et le dos des chenilles. Ils sont reliés à des cellules nerveuses et servent dans la détection du mouvement.
• Les poils thermiques : un isolant contre le froid
Ces poils sont plus courts et blancs. Ils permettent de réguler la température corporelle de la chenille, particulièrement pendant l’hiver. Les poils orange remplissent également un rôle dans cette thermorégulation, notamment en absorbant la chaleur.
• Les poils de camouflage : dissuasion
Ces poils servent de dissuasion passive et permettent à la chenille de rebuter les prédateurs avec une impressionnante toison ou d’imiter des structures végétales. Certains poils peuvent participer à faire paraître la chenille plus grosse ou plus difficile à avaler servant ainsi de défense passive. Ils sont de couleur brune, orange ou noire.
Tous ces « poils » sont, techniquement, des soies au sens large du terme entomologique. Mais seules les soies urticantes sont dangereuses et désignées ainsi de manière précise pour souligner leur rôle défensif et leur mécanisme de détachement. On les appelle « poils » dans un sens descriptif, car ils ne se détachent pas comme les soies urticantes et ne provoquent pas de réactions urticantes.
Il est important de noter que toutes les chenilles poilues ne sont pas urticantes : cela s’explique justement par cette distinction entre soies urticantes et poils.
Chenilles processionnaires du chêne – © Canva
Les poils, une évolution en lien avec les conditions environnementales
L’origine de la chenille processionnaire est associée à sa plante hôte (pin, chêne…). En effet, elle présente un développement larvaire rapide au printemps sur le jeune feuillage, bien que plus long pour le pin du fait de la faible qualité nutritionnelle des feuilles.
De plus, les chenilles processionnaires sont sensibles aux variations de température car leur développement se fait surtout en période hivernale. Grâce à leur nid constitué de couches de soies isolantes, elles survivent aisément à l’hiver. D’un point de vue évolutif, les chenilles processionnaires ont pu survivre aux périodes de glaciation du Quaternaire en raison de l’existence de zones refuges (situées en Espagne et en Italie) qui furent dépourvues de glace. A partir de ces zones, elles ont pu rapidement reconquérir le bassin méditerranéen et ainsi arriver en France. Aujourd’hui, on retrouve des chenilles processionnaires du pin et du chêne dans la plupart des régions métropolitaines.
En conclusion, la présence de poils n’est pas un phénomène récent chez la chenille processionnaire. En effet, si les conditions exactes de leur apparition doivent encore être documentées, elles résultent probablement d’une coévolution écologique, soit d’une adaptation à leur environnement et à leurs prédateurs.
Source : FREDON France
La situation en Bretagne
Des descentes sont à prévoir à court terme, dès que la météo s’améliorera, même temporairement.
Les chenilles sont prêtes à entamer leur procession ; certaines chenilles ont atteint leur dernier stade larvaire et vont faire leur procession de nymphose.
Il n’est pas rare d’observer des nids bien lourd en bout de branche. Autre observation facilement réalisable en ce moment : une défoliation partielle des pins. Les aiguilles de pin constituent l’unique source de nourriture de ces chenilles urticantes. Dans les jeunes arbres abritant plusieurs nids cette situation n’a rien d’exceptionnelle.
Attention lors de la présence des processions de chenilles processionnaires du pin au sol, le risque vis-à-vis de la population doit être pris en compte.
Conformément aux arrêtés préfectoraux, la surveillance des arbres à risque doit commencer.
En cas d’observations vous devez signaler la présence sur le site dédié « Alerte Espèces » – [ https://alertespeces.fredon-bretagne.com/ ]
01/02/2026 ©FREDON Bretagne
Alerte Espèces
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