Le séneçon en arbre

Le séneçon en arbre (Baccharis halimifolia)

Houblon du japon

Un arbuste ornemental devenu plante invasive en Bretagne

Le séneçon en arbre, Baccharis halimifolia, aussi appelé Baccharis à feuilles d’arroche ou Faux cotonnier, est une espèce végétale de la famille des Astéracées. Originaire des Etats-Unis, il a été introduit en Europe au XVIIème siècle pour sa qualité ornementale.

Il est actuellement classé comme « Invasif avéré » en Bretagne par le Conservatoire Botanique National de Brest.

Le Baccharis est un arbuste dioïque c’est-à-dire qu’il faut un pied mâle et un pied femelle pour une reproduction sexuée. Les plants mâles sont plus hauts avec un développement plus rapide tandis que les plants femelles produisent des milliers de fruits constitués d’une graine et d’une aigrette (comme pour les pissenlits) leur permettant de se disperser par le vent. La dormance des graines avant germination est d’une à deux semaines après la dispersion. Elles peuvent conserver leur pouvoir germinatif jusqu’à cinq années. Le Baccharis réalise également une multiplication végétative à partir d’un morceau de racine ou même parfois à partir du pied. Par ailleurs, ses feuilles secrètent une résine visqueuse repoussant les herbivores potentiels. Enfin, cette plante affectionne les secteurs humides et les plaines côtières.

Houblon du japon

Comment reconnaître le séneçon en arbre ?

  • Hauteur : jusqu’à 4 m (croissance rapide jusqu’à 1,5 m en 3 ans)
  • Tige glabre, dressée et ramifiée
  • Feuilles :
    – De couleur vert tendre avec 3 dents à l’extrémité
    – Alternes, simples, étroites et entières au niveau des inflorescences
    – Semi-persistantes
  •  Capitules de fleurs blanchâtres, groupées en inflorescences terminales
  • Fleurs mâles larges d’environ 3 mm
  • Floraison et fructification de septembre à novembre

Quels sont les risques ?

Impacts sur la santé

– Allergie et pollution –

  • Le pollen de Baccharis halimifolia peut provoquer des réactions allergiques significatives, notamment une aggravation des symptômes du rhume des foins en septembre et octobre.

  • Selon le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), le pollen de Baccharis est classé « modéré », ce qui nécessite de limiter la propagation de cette espèce sur le territoire.

  • Ce végétal favorise également le risque d’incendie dans les friches, car ses feuilles et son bois sécrètent une résine hautement inflammable, ce qui en fait un combustible important lors de périodes sèches.

    Impacts environnementaux

    – Déséquilibre des écosystèmes –

    • Baccharis halimifolia est une plante invasive très compétitive, qui consomme beaucoup d’eau et de lumière, formant des fourrés denses.

    • Elle remplace les espèces végétales locales dans de nombreux milieux comme les marais à joncs maritimes, les roselières ou les pelouses dunaires, et provoque la disparition de la faune et de la flore endémiques.

    • Cette invasion végétale entraîne la modification des paysages naturels, perturbe la dynamique des écosystèmes et contribue à la disparition d’espèces rares, notamment dans les marais salants de l’Ouest comme ceux de Guérande.

      Impacts économiques

      – Perte de rendement et toxicité –

      • Baccharis halimifolia réduit la productivité des marais salants, entraînant d’importantes pertes économiques pour les acteurs de ce secteur.

      • Cette plante impacte aussi la faune, car ses feuilles et fleurs contiennent des substances toxiques susceptibles de nuire à certaines espèces animales et à la biodiversité locale.

      Les méthodes de lutte

      Le Baccharis halimifolia est une plante règlementée par arrêté Préfectoral en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan. Sa lutte est obligatoire.

      Lutte manuel :

      Arrachage des jeunes pieds ;

      Lutte mécanique  :
      • Arrachage + gyrobroyage des souches ;
      • Coupe ;
      • Taille des arbustes ;
      Lutte biologique :

      Utilisation du pâturage sur de jeunes pousses par des ovins (feuilles perdent leur appétence et deviennent toxiques quand l’espèce grandit)

      Privilégier les espèces végétales locales
      Informer les jardiniers, les communes sur les problèmes que posent cette plante

      Ne pas semer ou planter
      Ne pas laisser monter en graine
      Ne pas laisser de fragments de tige lors de l’arrachage

      Ayez le reflexe de signaler !

      Si vous pensez avoir observé du séneçon en arbre,  signalez-le sur Alerte Espèces

      Alerte Espèce - signalement - FREDON Bretagne